Marie-Sophie Obama : « Faire grandir le basket féminin »

Entretien avec Marie-Sophie OBAMA, directrice générale du club jusqu’à la fin de la saison, avant de devenir la présidente déléguée du club sous la nouvelle présidence de Tony PARKER.

 

Raconte-nous un peu comment ton histoire d’amour avec la balle orange a commencé…

J’ai été basketteuse professionnelle pendant huit saisons. Je suis du Gers et je suis passée par le Centre de formation de Mirande, un club où le basket féminin était dominant avec des joueuses comme Valérie Garnier, Yannick Souvré, etc. C’était le club d’Alain Jardel, qui était l’entraîneur de l’équipe de France féminine (1997-2006) et de Jacky Commères. J’ai fait partie des classes promo, un sport études au collège. Ensuite, je suis rentrée en Espoir et j’ai fait mes premiers pas à haut niveau, en première division N1A. Et dans le même temps, j’étais en équipe de France jeunes. Le club a coulé pour des raisons financières au début de la saison 1997-1998 et je suis partie à l’Insep. J’avais alors 16 ans. C’est là où on s’est lié d’amitié avec Tony et depuis, on est resté en contact. A la sortie de l’Insep, je suis allée jouer à Bordeaux en première division, on jouait alors en Coupe d’Europe. Je suis partie à Aix-en-Provence avec Abdou N’Diaye. On a gagné l’Eurocoupe (succédant pour la première année à la Coupe d’Europe Ronchetti) en 2003. Après, j’ai joué en Euroligue. J’étais sixième joueuse en club et j’ai fait mes premiers pas dans l’équipe de France A mais je ne suis jamais allée plus loin que la présélection. J’ai ensuite eu mon fils à 24 ans, avant de finalement reprendre deux saisons le basket à Calais.

 

Après ta carrière professionnelle, tu as tourné la page du basket ?

Pas vraiment ! Parce qu’on est ensuite retourné chez nous dans le Sud-Ouest. J’ai eu mon second enfant et j’ai travaillé quelques années avec un agent de joueuses, Paco Torres. C’était l’un des premiers agents de filles en Europe. Il avait beaucoup de joueuses et cela m’a permis de voir une autre facette du milieu qui m’avait façonné en l’assistant dans l’agence.

 

Tu as ensuite découvert un autre milieu…

Oui, j’ai décidé de commencer une carrière dans l’immobilier en tant qu’agent commercial indépendant. C’était hyper formateur, j’ai pris beaucoup de plaisir à évoluer dans ce milieu. J’étais en reconversion mais j’ai toujours continué à jouer au basket, au niveau régional. C’était important. Je n’arrivais pas à lâcher le basket. J’ai pris autant de plaisir en jouant et transmettant dans des petits clubs du Gers comme Auch et Vic-Fezensac, qu’en club pro. J’étais au contact des gens et d’une vie de club très associative, avec une vraie passion et des histoires humaines fortes. Comme à Mirande, où c’était du haut niveau mais le basket féminin n’était pas encore réellement professionnalisé. J’ai connu le monde pro et le boom du basket féminin avec des clubs plus structurés mais aussi les clubs de basket qui reposent sur les bénévoles. Cela m’inspire aujourd’hui, c’est quelque chose que j’aimerais traduire au niveau professionnel.

 

Quelle est ton ambition en rejoignant la structure lyonnaise ?

Je le vois comme une mission et une chance de servir, de porter un projet. Je le vois aussi comme un aboutissement de par l’amitié qui nous lie avec Tony. Il me fait confiance et ce n’est pas quelqu’un de complaisant. Il ne me l’aurait pas proposé s’il ne m’en sentait pas capable. Cela a du sens. C’est très logique finalement. Quand je vois mon cheminement, les différentes étapes par lesquelles je suis passée, au niveau sportif , professionnellement et personnellement. Cela arrive à un moment où je suis prête pour ce genre de projet.

 

Comment décrirais-tu ce projet global qui implique également le FC Lyon Basket Féminin et l’AS Villeurbanne ?

Je le vois comme une chance inespérée pour le basket féminin. C’est très excitant et beau. Les histoires de ces clubs, du FC Lyon – et du Lyon Basket Féminin qui en découle – et de l’ASV sont très riches, dans un bassin basket fort. Et ça c’est super. Comme pour l’ASVEL, l’histoire de ces clubs féminins est forte. Au niveau sportif, nous aussi on va faire valoir notre propre identité au sein du projet global de Tony Parker.

 

Tu as forcément une sensibilité particulière pour le basket féminin…

Je suis contente de promouvoir un projet féminin. C’est un super vecteur pour promouvoir d’autres projets au féminin dans notre société. Cela va être génial à mettre en place. Je le vois comme quelque chose d’harmonieux, une addition de forces vives. Je veux vraiment m’inscrire dans ça. Il ne s’agit pas de gommer les identités de chacun mais de prendre le meilleur de chacun pour quelque chose d’encore meilleur, dans le but de faire grandir le basket féminin, avec un rayonnement sans frontières.

 

Un rayonnement et des ambitions élevées ?

A terme, Tony l’a annoncé, on a l’objectif d’être champion de France et comme d’autres équipes françaises à différentes époques, d’être un club qui compte sur l’échiquier européen. Mais au delà des résultats, le jour où l’une de nos petites poussines – qui regardait les joueuses en rêvant – sera la capitaine de notre équipe pro et qu’elle fera rêver à son tour… on aura tout gagné.

 

Tu arrives en pleine saison, à quelques semaine des play-downs. Quels sont tes objectifs à court terme pour cette fin de saison 2016-2017 ?

J’espère apporter de la fraîcheur à l’équipe en place. Les joueuses ont été très sollicitées, un peu au milieu de la tourmente avec des résultats sportifs qui ne reflètent pas leur niveau. Je vais essayer de leur apporter au maximum et d’assurer une transition la plus fluide et harmonieuse possible avec l’équipe en place et Nicolas Forel. Le président fait tout pour que cela se passe bien. Il a lui aussi connu ça dans des circonstances qui n’ont pas été faciles. Il m’aide beaucoup de par son expérience et je l’en remercie. Sportivement, l’objectif numéro un est bien sûr le maintien. Que tout l’extérieur impacte au minimum les filles pour qu’elles puissent se consacrer à cette tâche.

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